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Nuque et épaules : la tension des journées assises

Christine Suk
Écrit par Christine Suk
9 juin 2026 · Lecture 3 min
Mains massant la nuque et le haut des épaules d'une personne allongée

Si je devais ne garder qu'une zone, ce serait celle-là. Neuf personnes sur dix qui poussent la porte du cabinet arrivent avec la même phrase : « c'est surtout la nuque et les épaules ». À Genève, entre les bureaux, les écrans et les trajets, cela n'a rien d'étonnant.

Pourquoi cette zone paie l'addition

Une tête pèse environ cinq kilos. Tant qu'elle reste au-dessus des épaules, les muscles postérieurs du cou n'ont presque rien à faire. Dès qu'elle avance de quelques centimètres — vers un écran, un téléphone, un dossier — ces mêmes muscles doivent la retenir en permanence. Ils passent d'un travail intermittent à un effort continu, sur des heures.

Or un muscle qui ne relâche jamais se vascularise mal : il reçoit moins de sang, évacue moins bien, et finit par durcir. C'est ce durcissement, et non la posture elle-même, qu'on vient soulager en séance.

Ce que je trouve sous les doigts

Presque toujours les mêmes suspects : les trapèzes supérieurs, tendus comme des câbles entre le cou et l'acromion ; les muscles à la base du crâne, minuscules et souvent extrêmement sensibles ; et l'élévateur de la scapula, le long de l'omoplate, qui donne cette douleur qu'on n'arrive jamais tout à fait à montrer du doigt.

Je travaille rarement la nuque seule. Le haut du dos, les pectoraux et parfois les avant-bras participent au même schéma : des épaules enroulées vers l'avant tirent sur tout ce qui se trouve derrière. Détendre l'arrière sans ouvrir l'avant, c'est refaire le même travail dans quinze jours.

Ce qui change, et pour combien de temps

L'amplitude revient souvent dès la fin de la séance : tourner la tête sans buter, hausser les épaules sans accrocher. Les maux de tête de tension, eux, s'espacent plutôt sur quelques jours. Il est fréquent de ressentir une légère courbature le lendemain, surtout à la première séance : c'est normal, et cela ne dure pas au-delà de vingt-quatre à quarante-huit heures.

Combien de temps cela tient ? Honnêtement, cela dépend de ce que vous faites du reste. Si la journée de travail reprend exactement à l'identique, le bénéfice s'estompe en une à deux semaines. C'est pour cela que je préfère un rendez-vous régulier, espacé, plutôt qu'une séance de sauvetage tous les six mois.

Entre deux séances

Trois choses valent mieux que tous les conseils compliqués : lever les yeux de l'écran toutes les demi-heures, poser les avant-bras quelque part quand vous travaillez assis, et respirer une fois par heure en laissant les épaules descendre. Rien de spectaculaire, mais c'est ce qui empêche le muscle de reprendre sa contraction permanente.

Et une précision qui a son importance : une douleur de nuque qui descend dans le bras, s'accompagne de fourmillements, apparaît brutalement ou vous réveille la nuit n'est pas une tension ordinaire. Dans ces cas-là, c'est un médecin qu'il faut voir en premier — le massage viendra après, s'il a sa place.

Christine Suk
Christine Suk
Masseuse classique à Genève — massage classique et sportif, affiliée au réseau ASCA