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Massage sportif : avant l'effort, après l'effort

Christine Suk
Écrit par Christine Suk
30 juin 2026 · Lecture 4 min
Deux mains travaillant un mollet lors d'un massage sportif de récupération

On me demande souvent « un massage sportif » comme on demanderait une intensité — quelque chose de plus fort, de plus douloureux. Ce n'est pas cela. Le massage sportif se définit par son moment : avant, après, ou entre. Selon la réponse, je ne travaille pas du tout de la même façon, et c'est la première question que je pose.

Avant l'effort : préparer sans assommer

Dans les jours qui précèdent une échéance, l'objectif est d'arriver avec des tissus souples et des muscles disponibles — pas avec des courbatures toutes neuves. Le travail est donc plus rythmé, plus dynamique, plus court sur chaque zone : on réveille la circulation, on rend leur amplitude aux articulations, on repère les asymétries. On ne va pas chercher les points profonds.

La règle que je respecte : pas de travail profond dans les quarante-huit heures qui précèdent une compétition. Un muscle qu'on a beaucoup sollicité manuellement met un à deux jours à retrouver toute sa force. Le bon moment pour une séance appuyée, c'est trois à cinq jours avant — jamais la veille.

Après l'effort : accompagner la récupération

Après, l'intention s'inverse. Le muscle a été sollicité, il est chargé, parfois enflammé localement. On travaille alors dans le sens du retour veineux et lymphatique, avec des passages longs et une pression progressive, pour aider l'organisme à évacuer ce qui s'est accumulé et à ramener du sang neuf. C'est confortable, et souvent beaucoup moins spectaculaire que ce que les gens imaginent.

Le bon délai est généralement de vingt-quatre à quarante-huit heures après l'effort. Immédiatement après une course, les tissus sont trop réactifs : un massage appuyé y ajoute de l'irritation plutôt que d'en retirer. Si vous sortez d'un marathon le dimanche, le mardi est un bien meilleur rendez-vous que le lundi.

Entre deux blocs : l'entretien

C'est, de loin, la période où le massage sert le plus — et celle qu'on néglige le plus. En pleine charge d'entraînement, certaines zones encaissent semaine après semaine : mollets et ischio-jambiers en course à pied, quadriceps et bas du dos à vélo, épaules et avant-bras en natation ou en escalade. Ce sont elles que je reprends en priorité.

Une séance toutes les trois à quatre semaines pendant un bloc suffit généralement à empêcher qu'une tension banale ne devienne une gêne installée. Ce n'est pas un luxe de fin de saison : c'est de l'entretien, au même titre que les étirements ou le sommeil.

Ce que le massage ne fait pas

Il n'élimine pas l'acide lactique — celui-ci a disparu bien avant que vous n'arriviez au cabinet. Il ne guérit pas une blessure, ne répare pas une déchirure, et il ne remplace ni un physiothérapeute ni un médecin du sport. Ce qu'il fait, il le fait bien : il détend les tensions musculaires, entretient la circulation, et vous rend un corps plus disponible pour la séance suivante.

En cas de douleur aiguë, de gonflement, d'échauffement local ou de suspicion de blessure, on ne masse pas : on consulte d'abord. Je préfère annuler une séance que travailler sur quelque chose qui demande un autre regard que le mien.

Christine Suk
Christine Suk
Masseuse classique à Genève — massage classique et sportif, affiliée au réseau ASCA